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 LES BARJOTS

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nounours81
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MessageSujet: LES BARJOTS   21.05.15 16:56

Petit article sympa



Les Barjots ne sont pas nés au pied du mont Esja, ni dans les sources d’eau chaude. Mais c’est bien là, à Reykjavik, qu’ils ont atteint, le 21 mai 1995, le sommet d’une trajectoire pas comme les autres. Débarqué dans ce paysage lunaire avec une forte envie d’en découdre, à l’issue d’une préparation «imbuvable» entre Chartres et Lanzarote, ce groupe de potes a offert à la France son premier titre mondial en sport collectif, trois ans après une médaille de bronze aux Jeux de Barcelone et deux ans après l’argent décroché au Mondial, en Suède. Là-bas, dans la froide et lointaine Islande, s’est forgée la légende des Barjots.

Ces doux-dingues, intenables et irrespectueux, se retrouveront le 6 juin prochain, à Saint Apollinaire, au cœur de la Bourgogne où Denis Lathoud organise son jubilé. Vingt ans après l’aventure islandaise, ce sera l’occasion rêvée d’ouvrir la boîte aux souvenirs.
Yohann Delattre, Stéphane Cordinier et Grégory Anquetil en stage à Lanzarote dans une ambiance studieuse. Seul Cordinier ne sera pas de l'aventure islandaise. (L'Equipe) Yohann Delattre, Stéphane Cordinier et Grégory Anquetil en stage à Lanzarote dans une ambiance studieuse. Seul Cordinier ne sera pas de l'aventure islandaise. (L'Equipe)

«Quelque part, la première fois où on est champion du monde, c’est un peu comme avec la première femme, on ne l’oublie jamais», se souvient Grégory Anquetil, également titré en 2001 à Bercy. Philippe Gardent, lui, n’a pas gardé du lieu de l’exploit un souvenir mémorable. «L’Islande en elle-même, je n’en tire pas grand-chose, reconnaît-il. C’est l’Islande quoi… On jouait dans des gymnases un peu glauques, sans vraiment de public. La compet’ n’était pas exceptionnelle, loin de là.»

Le premier tour, marqué par des défaites contre la Roumanie (22-23) et l’Allemagne (22-23), a usé prématurément le groupe marqué par les tensions et les engueulades. Plusieurs fois, la rupture est proche. «On se fait chier la première semaine, ajoute l’actuel entraîneur du PSG. On s’égare un petit peu, on se croit trop beaux.» Lathoud provoque alors une réunion de crise devenue célèbre, qui fait prendre conscience à tous que le titre est à leur portée.

Philippe Gardent (L'Equipe) Philippe Gardent (L'Equipe) Thierry Perreux (L'Equipe) Thierry Perreux (L'Equipe) Eric Quintin (L'Equipe) Eric Quintin (L'Equipe)

«Denis Lathoud l'avait dit à sa grand-mère !»

«On a réussi à se fédérer et, contre l’Espagne en huitièmes (victoire 23-20), ça a tout déclenché. Après on a déroulé (succès sur la Suisse, l’Allemagne puis la Croatie en finale), se souvient Thierry Perreux. Ce titre ça a été une surprise même si Denis Lathoud était persuadé qu’on serait champions du monde un jour et qu’il l’avait dit à sa grand-mère!»

«Les premières heures après la finale, c’était tout pourri, rigole Lathoud. Ce n’était pas une fête grandiose, on a beaucoup couru après le temps.» Passage au JT en direct du Palais des Sports, retour à l’hôtel le temps d’entonner quelques chansons paillardes, d’attaquer le buffet et de vider quelques bouteilles, puis direction l’aéroport pour une arrivée aux aurores à Roissy. Là, les quelques médias présents hallucinent lorsqu’ils voient arriver l’un des chefs de file de la troupe, Jackson Richardson, tout juste élu meilleur joueur de la compétition, allongé sur le tapis roulant destiné aux bagages, un bonnet rasta sur le crane et une clope au bec!
Après les passages obligatoires par la Fédé et le CNOSF, les célébrations (les vraies) dureront «15 jours», à en croire Gardent.

Qui se souvient réellement de la qualité de handball de cette équipe de France de 1995 ? A part les spécialistes, sans doute pas grand monde. En revanche, personne n’a oublié la folie dégagée par cette escouade, pilotée tant bien que mal par Daniel Costantini. Il serait réducteur de les résumer à ça mais, les Barjots, c’était avant tout une passion commune pour la fête. «De temps en temps, on a dépassé un peu les limites», euphémise Anquetil, le sourire en coin. Cette équipe, c’était «la Harley Davidson du sport», poursuit-il dans une métaphore un peu obscure. «Pendant la compet,’ on a été réglos. Par contre avant et après… c’était rock and roll! Des anecdotes de soirée, j’en ai mille mais je préfère ne pas en parler, car ça appartient à mes potes et moi.»
Les Barjots à «L'Equipe» : Stéphane Stoecklin, Frédéric Volle et Patrick Cazal sur le toit du monde et d'une Twingo. (L'Equipe) Les Barjots à «L'Equipe» : Stéphane Stoecklin, Frédéric Volle et Patrick Cazal sur le toit du monde et d'une Twingo. (L'Equipe)

«A l'heure du thé, c'était l'heure de la bière pour nous»

Au sein des Barjots, il y avait les «British», surnom donné aux joueurs les moins exubérants du groupe. Mais qui étaient tout aussi «déterminés» et précieux selon Gardent. «Ils étaient plus propres sur eux. Disons qu’à l’heure du thé pour eux, c’était l’heure de la bière pour nous !» Toujours prompts à saisir la moindre occasion de se faire remarquer, les Barjots sont allés parfois jusqu’à mettre leur coach dans l’embarras. Ainsi, au lendemain de la finale, Daniel Costantini, le sélectionneur qui avait pris soin de maintenir une certaine distance avec son groupe, s'excusa de se présenter seul sur le plateau du 13h, car ses joueurs n’étaient «pas vraiment présentables». Quelques heures avant, alors que l’Insep les invitait à poser leurs empreintes de main dans le ciment, afin d’immortaliser l’exploit, eux décidaient d’y plonger la tête ! «C’est tout à fait l’image des Barjots, lance Gardent, qui se marre devant une photo de son vieil ami et actuel adjoint à Paris, Thierry Perreux, le visage grisé par le ciment frais et à la silhouette... plus svelte que celle de 2015 ! Il a fallu aussi cette folie pour y arriver.»

Autre symbole marquant de l’esprit Barjot, les coupes de cheveux arborées fièrement sur les podiums. «La source, c’est Stéphane Stoecklin qui, le premier, pour les JO de Barcelone, s’est pointé en blond lors du dernier stage. Ça nous a un peu interpelé. On s’est dit «mais qu’est-ce qu’il fait?» Et puis en fait il a lancé le mouvement», explique Eric Quintin, coiffeur en chef en 1995, à la veille du rendez-vous avec la Croatie.
Les Barjots remportent le premier titre mondial de sport collectif de l'histoire du sport français. (L'Equipe) Les Barjots remportent le premier titre mondial de sport collectif de l'histoire du sport français. (L'Equipe)

Lathoud se remémore: «On avait commencé le soir à 21h après le repas et on a fini à deux heures du matin. Au petit déjeuner, les adversaires ont halluciné. Ils ont dû se dire qu’on était ravagés, que le seul truc auquel on pensait avant une finale mondiale c’était de déconner !» Cette attitude démontrait surtout l’absolue confiance qui transpirait de cette équipe, quitte à, parfois, passer pour de l’irrespect voire de l’arrogance. «Il y en a qui n’aimaient pas du tout, notamment les pays de l’Est ou les Suédois, et d’autres qui étaient très fans».
«Comme on était plus sur du design à valeur ajoutée (sic), j’ai vu surtout des rigolades autour de nous», sourit Eric Quintin.

Coups de folie et coup de boule

Ces coups de folie auraient sans doute davantage de mal à exister aujourd’hui – quand bien même les Experts, descendants des Barjots, savent aussi relâcher la pression. En 1995, le handball n’en était qu’au début de son processus de professionnalisation. «On a vécu comme nos anciens, en essayant d’en jouir le plus possible», analyse Eric Quintin, devenu entraîneur de l’équipe de France jeunes, pour qui c’était «quasi incompréhensible» la première fois qu’on lui a proposé de l’argent pour jouer au hand.
«Boule (surnom de Gardent) et moi étions parmi les plus vieux, on a découvert ça plutôt au milieu voire à la fin de notre carrière», rappelle Perreux. A cette époque-là, dans leur club de Gagny, les négociations pour un contrat d’un an duraient cinq minutes et se concluaient par une poignée de main avec le président, en guise de signature. Alors forcément, le décor était propice aux débordements, surtout avec de jeunes hommes au caractère si affirmé.

Pour Quintin, «quand un ado ou un post-ado reçoit d’un coup de l’argent pour faire ce qui lui plaît le plus, ce n’est pas tout à fait rationnel. Il en est sorti parfois des comportements qui n’étaient pas conformes aux valeurs éducatives et formelles de la société bien pensante. Mais c’est pour ça aussi que les gens nous aimaient bien, parce qu’on était aussi cons que tout le monde.»
A l’entraînement, les joueurs se chauffent, se chambrent constamment et sont parfois à deux doigts d’en venir aux mains. «On était sanguins», admet Perreux. «Impulsifs», pour Gardent, qui se rappelle de «moments incontrôlables: le cas le plus flagrant, c’est le jour où Eric Quintin a mis un coup de tronche à Schaaf».

Six mois après le titre mondial, les Barjots disputent un match qualificatif pour l’Euro 1996. Ils ont dû mal à digérer leur nouveau statut. A la mi-temps du match retour contre la Belgique, quelques jours après la défaite à l’aller (20-21), Quintin assène un violent coup de boule à son coéquipier Philippe Schaaf, dans le couloir qui mène aux vestiaires. Résultat: nez fracturé pour celui qui était blessé en Islande et carrière internationale brisée pour «l’esthète des Barjots», suspendu un an par la Fédération. «A chaque fois on monte d’un cran dans la dramaturgie», dira alors Costantini, très marqué par l’événement. Le groupe l’est aussi, en témoignent les larmes de Guéric Kervadec dans le vestiaire.

«C’est un regret mais pas seulement, avoue aujourd’hui Quintin. Ce moment a participé à ma construction. J’en prends acte et il a été plutôt positif pour la suite.» L’échec des JO d’Atlanta en 1996, où la nouvelle génération n’a pas su s’intégrer aux anciens, a marqué la fin des Barjots. «Il y avait une telle envie de vivre dans cette équipe qu’à un moment donné, ça débordait dans tous les sens, estime Anquetil. Tout était démesuré chez les Barjots. Dans les soirées, c’était hors du commun. Dans l’amitié entre les joueurs, c’était extrême. Et quand il a fallu que ça explose, c’était extrême aussi.» Restent alors les liens tissés, qui eux sont éternels. Pour Gardent, «ils iront jusqu’au bout.»
Invité au siège de «L'Equipe», Philippe Gardent fête le titre obtenu la veille en Islande. (L'Equipe) Invité au siège de «L'Equipe», Philippe Gardent fête le titre obtenu la veille en Islande. (L'Equipe)

Le 6 juin prochain, ils seront tous là, à l’exception de Frédéric Volle, retenu au Canada où il exerce la profession de policier dans une brigade canine. L’autre expatrié, Stéphane Stoecklin, va faire, «comme tous les ans, son pèlerinage en France avant de repartir dans sa Thaïlande profonde» (Lathoud). «On était des post-ados, maintenant on est des cinquantenaires. Donc on a mûri, on s’est assagi, on s’est calmé», promet Quintin. Du coup ça veut dire qu’il n’y aura pas d’excès, pour ce rassemblement vingt ans plus tard? «Ah non! (rires) On sait juste maintenant que c’est chaque chose en son temps. Mais on aura l’occasion de se rappeler notre jeunesse…»
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